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Réflexions sur la pédagogie et le soutien scolaire. Pour une école citoyenne et solidaire.
| All the world's a stage, And all the men and women merely players, They haver their exits and their entrances; And one man in his time plays many parts. W. Sh. |
Généralités
Avant même d'allumer votre ordinateur, je vous conseille très vivement de réfléchir à l'avance aux mots-clés que vous souhaitez utilisez pour votre recherche.
Regardez vos notes de cours, quels sont les mots qui semblent importants ? Quelles définitions devez-vous absolument connaître ? Très souvent, une recherche documentaire efficace passe par l'emploi d'un vocabulaire spécifique.
Partez du principe que le moteur de recherche ne lit pas dans vos pensées. Il a besoin que vous lui donniez des indications le plus précises possibles. Si vous tapez « sang » par exemple, il ne sait pas si vous intéressez à la religion (le sang du Christ, etc.), au corps humain, à la filiation (les liens du sang), etc. L'utilisation d'un vocabulaire spécifique (exemple : sang, veine, globule rouge) permet au moteur de recherche de comprendre votre demande.
Plus votre culture générale est grande et plus il sera facile pour vous de trouver rapidement une information pertinente. On peut souhaiter avoir une grande culture générale mais ne pas l'avoir. Si vous êtes dans cette situation, il y a un outil formidable : le dictionnaire Larousse. Vous prenez ce que vous savez à la base, vous recherchez les termes dans le dictionnaire pour avoir des mots clés.
Exemple :
envie de faire un exposé sur le sang dans le corps. Vous regardez la définition de sang. D'emblée, le dictionnaire emploie tout une série de mots qui sont autant de mots clés possibles.
« Sang : liquide rouge qui circule dans les artères, les veines et les capillaires sous l'impulsion du coeur, et qui irrigue tous les tissus de l'organisme (...). » (Larousse 2007, p.957)
Voyez les mots clés possibles : sang, liquide, artère, veine, capillaire, coeur, organisme.
Dans la deuxième partie des dictionnaire, il y a les définitions de ce qui est appelé « les noms propres ». En clair, les noms de personnes célèbres, les noms d'événements historiques (exemple : révolution de 1848), les noms de pays ou de lieux. Si vous cherchez des mots-clés sur une personne, un événement ou un pays, c'est dans cette deuxième partie du dictionnaire qu'il faudra chercher.
Exemple :
Si je souhaite faire un exposé sur le Guatemala, je vais rechercher « Guatemala » . Dans ce cas, je réalise rapidement que les mots-clés possibles ne seront pas les mêmes selon ce dont je veux parler. Est-ce que je veux parler de l'histoire du Guatemala ? (mots clé possibles : colonisation, histoire, indépendance, maya par ex. )
Est-ce que je veux parler de son économie ? (mots clés possibles : économie, café, exportation, fournisseur)
Est-ce que je veux parler de sa géographie ? De sa culture ? De son système politique ? Autant de thèmes, autant de mots-clés différents. Bref, il y a beaucoup trop de mots-clés. Si je me lance maintenant, je vais me noyer sous l'information.
Le petit détour par le dictionnaire me permet de réaliser qu'avant de faire une quelconque recherche sur internet, j'ai intérêt à préciser mon sujet. Décider par exemple si je parle du passé ou de maintenant. A cette étape, je vous suggère de discuter avec votre enseignant et de lui poser des questions, y compris de lui demander des mots clés !
Vous pouvez dire un truc du style : « j'aimerais faire un exposé sur...................................... et j'ai pensé rechercher de l'information sur internet avec les mots clés suivants.................(vous donnez une liste de mots clés), qu'est-ce que vous en pensez ? Ça joue ou pas ? ».
Petite parenthèse sur la réussite scolaire
:
Pour réussir à l'école, il faut apprendre à poser les bonnes questions au bon moment ! Les plaintes (« c'est trop dur ! », « c'est un truc de ouf ! ») ou les questions très vagues («je fais comment ? ») donnent peu de résultats et irritent pas mal les profs (ça leur donne l'impression que vous essayez qu'ils fassent le travail à votre place). Les questions précisent vous rapportent beaucoup plus. Les moteurs de recherche ne lisent pas dans vos pensées. Ils ont besoin d'indications précises. Les profs aussi, en général.
Si vous avez peu l'habitude de rechercher de l'info sur internet : lire d'abord le post : rechercher efficacement de l'info sur internet (1)
Quelques trucs pour rechercher efficacement de l'information sur internet
1) mettre plusieurs mots clés
Exemple :
vous recherchez des infos sur l'Egypte du temps des pharaons. Vous pourriez taper dans le moteur de recherche : Egypte histoire pharaon pyramide momie.
Vous écrivez ces mots les uns à la suite des autres. Ne pas mettre de déterminant ou de préposition (ils ne seront pas pris en compte).
Avantage : circonscrire le sujet dès le départ. Avec une recherche de ce type, vous devriez éviter que les premiers sites qui apparaissent soient des sites de voyage en Egypte, de croisières sur le Nil, des résultats de l'équipe de foot égyptienne (surnonmmée « les pharaons »), etc.
Si il y a trop de mots-clés et que le moteur de recherche ne trouve rien, vous en enlevez un ou deux.
2) mettre l'année en mot clé
Exemple :
vous recherchez des infos sur la révolution française. Vous pourriez taper : révolution française 1789.
Avantage : le même : circonscrire le sujet dès le départ. Vous évitez ainsi que les premiers sites qui apparaissent concernent la révolution internet, la révolution russe, etc. Là aussi, vous gagnez beaucoup en efficacité.
3) vous recherchez une définition ? Mettez-le mot dont vous recherchez la signification + le mot « définition » comme mot-clé.
Exemple : vous recherchez la définition de l'irrigation. Vous tapez simplement : irrigation définition.
4) utilisez les guillemets pour contraindre le moteur de recherche à se centrer sur une expression ou un nom en particulier.
5) consulter l'encyclopédie online et gratuite Wikipédia pour rechercher des mots clés (pour une recherche de niveau moyen-avancé)
Cette encyclopédie collaborative existe en de nombreuses langues. N'hésitez pas à changer de langue si vous ne trouvez pas ce que vous cherchez. Il est évident que vous trouverez davantage d'informations sur un poète arabe sur Wikipédia en arabe, sur Lisbonne dans Wikipédia en portuguais, etc. Attention à croiser les informations si vous étudiez un sujet très « chaud » (surtout les questions liées à la religion ou/et les conflits toujours en cours. Exemple type : guerrei civile au Sri Lanka))
6) inclure les extensions dans votre recherche (pour une recherche de niveau avancé)
Un site avec edu est presque toujours un site à vocation pédagogique (sites des universités, etc.).
Un site avec org est forcément un site d'une organisation ou d'une agence onusienne.
Exemples :
je recherche le site officiel de l'Organisation mondiale de la santé (une agence onusienne) : je tape : OMS org. Les 2 premiers sites qui apparaissent ont 100 % de pertinence.
je recherche le site officiel de la Croix-rouge : je tape : org croix rouge : j'arrive directement sur le siège en Suisse. Sans le org, je tombe sur une multitude de sites qui concernent les sections locales de la Croix rouge. Moins intéressant.
je recherche le taux de contamination par le virus VIH en Chine : je tape org Chine VIH. Là aussi, récolte d'informations plus pertinentes que sans le org.
Surtout, ne pas hésiter à combiner ces stratégies !
Exemples :
Posts sur des thèmes parents :

Ce sera jamais fun mais ça peut être un minimum intéressant quand même.
Vous vous souvenez de mon blabla sur la théorie de mémoire de travail ?
"(...), nous avons d'autant plus de chances de retenir un élément que celui-ci est familier (fréquence d'occurence ; ndlr : occurence = nombre de fois que cet élément apparaît) et sa connexité, ou le nombre et la force des relations qu'entretient l'item considéré avec les autres informations du même domaine."
Un mot, on s'en souvient d'autant mieux qu'on l'a vu souvent et relié à toutes sortes de mots et contextes différents. Par conséquent, si on révise en reprenant les pages d'un livre de voc l'une après l'autre, on augmente certe la familiarité, mais question connexité, c'est proche de zéro. L'efficacité est donc limitée.
D'où cette proposition : travailler par thématique - si possible personnellement implicantes (un moyen d'augmenter la connexité).Préférer des inventaires un peu étrange, tout sauf la manière dont votre livre a déjà classé les mots. Exemple :
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Paris Hilton NASDAQ chat, internet tendresse les machos l'urbanisme réchauffement climatique la honte
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Vous vous créez un petit classeur et les thèmes sont les en-têtes. Puis procédez en 3 étapes :
Première étape :
Prenez le premier thème, ici Paris Hilton. Par association d'idée (donc sans trop réfléchir, très rapidement), vous pensez à trois mots qui vous viennent à l'esprit.
Ce pourrait être : superficiel, très riche, paumée.
Ces trois mots en question, est-ce que je les connais dans la langue que je veux apprendre ? Si non, je les cherche dans le dico. Puis pour chacun des trois mots je cherche également 3 mots.
Ce pourraît être :
superficiel : apparence, vanité, faux ;
très riche : château, palace, bijoux ;
paumée : seule, mal conseillé, alcoolisé.
Ces mots, est-ce que je les connais ? Si non, retour à la case dictionnaire.
2ème étape : vous représentez graphiquement les connexions entre ces mots sous forme d'un arbre avec des branches. Vous pouvez enrichir cette représentation graphique de tout ce que vous voulez.
3ème étape : Vous recherchez des mots dans votre manuel habituel de vocabulaire qui ont trait, d'une manière ou d'une autre, à votre thématique "Paris Hilton" ainsi créée. Vous les écrivez en colonne, avec d'abord le mot en français et ensuite le mot dans la langue à apprendre. C'est cette nouvelle liste que vous apprenez par coeur selon votre méthode habituelle.
Cette méthode est un bon moyen de réviser et d'évaluer l'ampleur de vos éventuelles lacunes en vocabulaire.
PS : Si vous avez du mal à trouver des associations d'idées, chercher les thématiques dans Google ou Yahoo.
| | "La psychologue s'était (..) aperçue qu'il suffisait de poser une question à cet enfant (dont le résultat QI était de 41 selon le test ndlr) pour qu'il s'y dissolve littéralement. Alors, qu'aura-t-on mesuré là ? Un coefficient de dissolution ? Cet élément est-il répertorié ? Je ne vois pas que dans ce cas, (...) on ne puisse se passer de le faire intervenir. Ici, aussi étonnante que puisse paraître cette arithmétique, il annule purement et simplement la chose "mesurée". " (p. 16) Stella Baruk (1995) Entre intelligence et intelligibilité : la question du sens en mathématiques in G. Blanchet, J. Raffier, R. Voyazopoulos (Eds) Intelligences, scolarité et réussite. |

Lorsque j'ai commencé ce blog, un de mes buts était de pouvoir communiquer avec d'autres personnes actives dans le domaine du soutien scolaire - notamment des répétiteurs/trices. Jusqu'à présent, cela a assez peu été le cas (mais l'espoir demeure !).
J'ai parfois l'impression que dans la planète blog, chacun s'imagine que son blog va devenir un espace de forum. J'ai cédé à cette illusion. Peut-être existe-t-il ailleurs un blog ou un forum où des répétiteurs discutent de leur pratique ? Si vous en connaissez-un, je vous serais reconnaissante de m'en communiquer l'adresse.
Meanwhile, j'ai été surprise de trouver des témoignages de répétiteurs sur un forum de....consommation (!?!) et avec, ma foi, une grande liberté de ton. Ci-dessous, vous trouvez quelques liens vers ces témoignages sur des enseignants de différentes boîtes privées de soutien scolaire.
| ACADOMIA |
| COMPLETUDE |
| KEEPSCHOOL |
| KELPROF |
Depuis quelques mois, je suis essentiellement active dans l'aide à l'enseignement. Kesako ? Je suis en classe pour aider un enfant en difficulté. Pour des raisons de confidentialité, il ne m'est pas possible de relater sur un blog mon expérience. Quelques détails et cet enfant serait trop facilement identifiable. D'où des posts moins centrés sur ma pratique actuelle (compte-rendus de lecture etc.)
A l'heure où les débats sur l'intégration scolaire des enfants présentant un handicap sont très vifs, je suis frappée par l'aspect très émotionnel des discours. Il y a les pour, les contre, mais pas de grande place pour les spécificités des situations. Il me semble pourtant qu'il n'y a pas de solution globale, et que si on ne veut prétériter personne, chacun devrait avoir droit à un examen attentif de sa situation. C'est une chose de réclamer plus de moyens pour l'enseignement spécialisé, des bâtiments scolaires accessibles en fauteuil roulant etc. , c'en est une autre de se réclamer pour ou contre "l'intégration" scolaire des enfants handicapés. On peut vouloir mener une politique attentive aux besoins spéciaux d'enfants spéciaux (j'en suis une chaude partisane). Il n'est pas nécessaire de construire pour autant une idéologie sur "ce qu'il faut faire pour les enfants handicapés". Je préfère et de loin, participer à des discussions sur "que faisons nous pour cet enfant-là, maintenant et ici". Entrer dans ce genre de discussion, c'est faire face à la complexité, à l'incertitude. C'est un dialogue de réseau, où chacun apporte sa compétence professionnelle et partant, un angle d'approche différent. De ce dialogue émerge alors une proposition sur ce qui semble le plus approprié, en discussion avec les parents. Parmi les solutions possibles, l'aide à l'enseignement et l'intégration dans une classe "normale". Une solution, parmi d'autres.
Je suis satisfaite d'avoir pu participer à ce genre d'approche. Je crois que cet accompagnement a fait sens pour l'enfant concerné. Pour moi, c'est ce qui importe. Que sa présence à l'école fasse sens, ça a été le but de mon travail et ça a été un travail. Une présence à l'école n'en garantit pas le sens. J'aimerais que tous les enseignants et parents en prennent conscience.
PS : J'en discute volontiers. Lancez les commentaires. Je réponds aussi volontiers à des mails (dans ce cas, merci de préciser si vous voulez rester anonyme).
Ardu mais passionnant.
Stella Baruk y démontre qu'il est insensé de penser que les résultats scolaires en mathématiques puissent être une mesure « directe » des capacités intellectuelles d'une personne.
« Le soupçon porté sur une intelligence est cela même qui la met en danger, et, encore une fois, singulièrement en mathématiques ».(p. 19)
Un pavé. Je ne suis pas arrivée au bout mais c'était quand même très instructif.
Résultats détaillés d'une vaste étude de terrain + critique de la manière dont Bourdieu a rendu compte de ses résultats dans La Distinction. Comme dans La revanche scolaire (Bergier & Francequin, 2005), le propos s'appuie à la fois sur une analyse de données statistiques et sur des données qualitatives (extraits d'entretiens). Je vous le conseille vivement.