Et la maman, lâche : "de toute manière, il/elle s'en fout !".
Comme on dit : "de tout manière, tu ne m'aimes pas". Comme on dit le pire pour que l'autre dise "mais non, tu sais bien que je t'aime".
Mais l'ado, il/elle prend un air très détaché, un air qui confirme le pire : mais c'est qu' "il s'en fout" réellement ! Comment ? Ce même ado qui était face à moi profondément troublé/abattu par son échec, pas du tout le même que d'habitude, mais alors pas du tout. D'ailleurs, on a pas "travaillé" durant l'heure, j'ai fait avant tout du soutien psychologique, essayé de combler les ravages à l'estime de lui/d'elle causés par sa confrontation à l'échec. Soudainement, face à son parent, "il s'en fout".
Cinéma ? Rôle de composition plutôt. Je pense que "s'en foutre", c'est un moyen de ne pas avoir honte. Quoi de plus ravageur que d'échouer alors qu'on aurait tant voulu réussir ? Faire comme si cette réussite, on ne l'avait pas vraiment recherchée, c'est sauver la face. Face aux copains, face à l'école, mais aussi face aux parents. Un ado normal a besoin de sentir qu'il est une source de fierté pour ses parents. Or l'échec scolaire, trop souvent, fissure la relation avec ces derniers.
Pour ne pas "s'en foutre" probablement, il serait nécessaire que les parents se montrent d'une solidarité sans faille avec leur ado, que surtout, ils ne se fassent pas l'écho des propos négatifs de l'institution scolaire sur leur enfant. Je sais pas, dire des trucs du style : "ça va pas toujours comme on veut, la vie", "on a perdu une bataille, pas la guerre", "je crois qu'un cinéma, ça nous ferait du bien, tu crois pas ?".
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