Calendrier

« Septembre 2008
LunMarMerJeuVenSamDim
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930 

repetitrice

repetitriceRéflexions sur la pédagogie et le soutien scolaire. Pour une école citoyenne et solidaire.

Blog

Catégories

Fils RSS

Contact

Derniers billets

Compteurs

Actualités pédagogiques

Blogs pédagogiques

Ressources pour le soutien scolaire

Outils pour blog/informatique

Citoyenneté

All the world's a stage,
And all the men and women merely players,
They haver their exits and their entrances;
And one man in his time plays many parts.

W. Sh.

Copinage

apprendre le vocabulaire (allemand, anglais, etc. )

Par repetitrice :: mercredi 18 janvier 2006 à 0:25 :: ressources pédagogiques

Pour apprendre le vocabulaire d'une langue étrangère, je disposais jusque là de 3 méthodes :


la classique : cacher un côté :



la classique bis : se créer des phrases-exemples ou reprendre des phrases dans le manuel où le vocabulaire à apprendre appararaît. Pour cette méthode, utiliser des référents proches de nous facilite la mémorisation.

Exemple :

Alexandre ist mein Freund.

Amina ist meine Freundin.

Das war sehr nett von dir.

Er ist immer sehr freundlich und hilfsbereit.

Le problème avec cette méthode, c'est qu'elle n'aide pas beaucoup une personne qui a vraiment de la difficulté à mémoriser et /ou est un débutant complet. « Alexandre ist nett », ça va, mais « es ist nett von dir », ça fait « von » + « dir » à mémoriser en plus du « nett » et c'est pas certain que ça aide beaucoup une personne à qui on demande seulement d'apprendre le mot « nett ».

La méthode associative: on structure le vocabulaire en différents thèmes et on relie les mots entre eux par association.


Particulièrement indiqué lorsqu'il s'agit de se constituer un vocabulaire pour parler d'un livre, d'un sujet spécifique. Comprendre le texte ne suffit pas, il faut aussi pouvoir s'exprimer de manière indépendante. Par exemple, dans « La visite de la vielle Dame », l'auteur décrit la pauvreté d'une ville, mais n'utilise pas le mot « pauvre ». A moins de se lancer dans l'apprentissage d'une longue suite de mots comme « délabré, à l'abandon, vieillli, décati, etc. » utilisés par l'auteur, mieux vaut chercher pauvre, pauvreté, etc. dans le dico, non ?


3 méthodes mais 0 efficacité pour une de mes élèves. Au départ, je n'ai pas cru ça possible. Comment ça, « je l'ai appris hier mais je ne me souviens plus de rien » ? « Combien de temps tu as consacré à apprendre ce voc ? » « Une demi-heure ? ». « Quelle méthode tu as utilisé ? » « Caché un des côtés ». Non, je ne la croyais pas. Elle avait la flemme et se foutait de ma gueule, c'est sûr. Jamais elle avait pu « apprendre » ce voc pendant une demi-heure et se souvenir le lendemain d'un seul et unique mot ! Mon incrédulité, je la lui fais comprendre et puis j'entreprends quand même de lui faire apprendre quelques mots avec la 2ème méthode, celle des phrases. J'en choisis 4 et pour chacun d'entre eux, je propose plusieurs phrases. Elle se montre coopérative. En tout, on y consacre bien 20 minutes. Puis je l'interroge sur ces 4 mots. Résultat : zéro ! Elle ne se souvient d'aucun de ces 4 mots ! Niet, rien ! Du coup, je me suis demandée : et si elle disait la vérité ? Et si sa demande d'aide dans l'apprentissage du voc était une demande réelle, pas un cache-flemme ? Si elle avait réellement des difficultés spécifiques dans le processus de mémorisation ? Et si c'était moi, et pas elle, qui est peu coopérative, qui ne fait pas son boulot ? « Ecoute, je vais chercher une autre méthode pour apprendre le voc et on la testera au prochain cours, d'accord ? ».


1ère étape : recherche de documentation. Ici : Didier Bronselaer (2005) « Guide pour réussir à l'école », Editions Labor. J'en garde l'idée de commencer par le français dans la colonne de gauche

: « Le principe de base consiste à lire le français (sa langue maternelle), puis à mémoriser la traduction, parce qu'on pense en français, ça favorise dès le départ la bonne traduction. (..)En partant du français, je ne suis pas tenté de deviner, ce qui ne serait plus mémoriser mais se souvenir, au risque de se tromper ».(p.33)

(ce en quoi il a raison et voici pourquoi : . En apprenant : nett : sympa, gentil, on peut comprendre d'abord « nett » :: nette : par ex. : la vitre est propre : elle est nette ; l'image n'est pas nette, elle est floue ; puis se dire : ah non, nett en allemand, ça ne veut pas du tout dire ça. En apprenant : sympa, gentil : nett, on courcircuite toutes ses associations préalables fausses et très embrouillantes). J'en garde aussi l'idée de l'ordre de grandeur du nombre de mots à mémoriser à la fois : « je m'interroge au hasard à partir du français sur minimum5 mots à maximum 10 mots » (p. 35).

2ème étape : je me mets dans les mêmes conditions qu'elle : apprendre le voc d'une langue totalement inconnue. Une langue sans rien pour m'aider, pas de racines grecques, germaniques, latines & co. Pourquoi pas une langue africaine, celle de mon mari ? Au menu : sok poupoung : bienvenue, meutchok : petit etc. Les mêmes conditions donc. Et peut-être aussi les mêmes appréhensions. Quand mon mari me remet la liste de 14 mots, tous aussi étranges les uns que les autres, je me dis : mais je vais mettre combien de siècles à apprendre ces trucs ? 1 heure ? 2 heures ? Est-ce que le lendemain, j'arriverai à m'en souvenir ? Misère ! (Si ce décentrage, vous intéresse, pourquoi ne pas essayez le lingala ou le berbère)


En fait oui, j'ai pu apprendre et m'en souvenir. En une demi-heure. Et mon élève aussi, à sa propre surprise. Voici donc MA METHODE :


1) sélectionner 14 mots (ou expressions) et les recopier sur une feuille, en mettant d'abord le français :


Exemple :

sympa, gentil : nett

l'ami : der Freund

l'amie : die Freundin

amical : freundlich

inamical : unfreundlich

l'amitié : die Freundschaf

méchant : böse

etc.


2) Prendre une 2ème feuille et faire un tableau à 3 colonnes.

Dans la 1ère colonne : 7 mots au hasard en français (pas dans l'ordre)

Dans la 2ème colonne : 3 mots qui figurent déjà dans la 1ère colonne + 4 autres au hasard (toujours en français)

Dans la 3ème colonne : les mots qui ne figurent pas dans la colonne 1 ou 2 + d'autres au hasard. La colonne totalise aussi 7 mots


3 ) Prendre une 3ème feuille.On prend les mots de la 1ère colonne. Pour chacun d'entre eux, on cherche dans la 1ère feuille la traduction dans la langue étrangère et on l'inscrit. Une fois que c'est fait, on enclenche une minuterie à 1 minute pendant laquelle on s'efforce de mémoriser cette nouvelle liste.
Quand la sonnerie retentit, on cache cette liste, on prend la 2ème feuille (celle avec le tableau à 3 colonnes) et on tente de traduire chacun des mots. On corrige. Si on a une majorité de mots justes, on passe à la 2ème colonne du tableau et on procède de même.


4) Une fois que l'on a appris la 3ème colonne du tableau, on fait tout autre chose pendant 5-10 minutes. Puis on cache tout et on essaie de se remémorer les 14 mots qui figurent sur la liste. Cette dernière étape permet de faire appel à un autre type de processus de mémorisation. (Mon élève et moi, on s'en est souvenu de 10-11). On prend alors la feuille avec le tableau à 3 colonnes et on regarde si on peut encore compléter.On corrige. Mon élève avait 100 % juste, moi il m'en manquait 2.


Pas mal, non ?


Commentaires

Aucun commentaire pour le moment.

Ajouter un commentaire

Nom ou pseudo :


Email (facultatif) :


Site Web (facultatif) :


Commentaire :


Anti-Spam :
Recopiez le code dans le champ ci-dessus.