Dans cet ouvrage, Cyr reporte que la tolérance à l'ambiguïté, au doute, à l'incertitude est très prédictive de la capacité à apprendre une nouvelle langue. La « tolérance à l'ambiguïté » est définiecomme le fait « de ne pas se sentir gêné, mal à l'aise ou même menacé face à des informations vagues, incomplètes, fragmentaires, incertaines, inconsistantes, contraires ou apparemment contradictoires »(p. 85. NB : lui-même cite Ely, 1989, p. 438). Différents auteurs soulignent que cette tolérance induit des choix judicieux dans les techniques d'apprentissage.
Je fais l'hypothèse que cette tolérance à l'ambiguïté peut être augmentée en renforçant la confiance en soi et par une réflexion métacognitive. Ex : dans quels cas est-ce que tu penses que c'est nécessaire de comprendre tous les mots ? Ici, est-ce que tu arrives à deviner de quoi on parle ? Quand est-ce que c'est judicieux de deviner ? Etc.
Cette notion de tolérance/intolérance à l'ambiguïté, je la trouve intéressante. Je crois que ça va me permettre de poser des questions plus fines. Quand l'élève dit « je comprends pas le paragraphe », je crois que je vais modifier ma stratégie. D'habitude, j'essaie de lui « prouver » qu'en fait il comprend, qu'il y a plein de mots qu'il connaît etc. A la place, je pourrais lui demander des trucs du style : « sur 100 %, est-ce que tu penses que tu comprends 50 % du texte, 10 %, plus ? Moins ? » « Est-ce que tu as une idée de quoi ça parle ? Est-ce qu'on parle de quelqu'un ? D'un objet ? D'un événement ? Est-ce que c'est une description ? » « Est-ce que là c'est important de comprendre tous les mots? » « Est-ce que tu devines assez pour comprendre ? »etc.