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repetitriceRéflexions sur la pédagogie et le soutien scolaire. Pour une école citoyenne et solidaire.

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2 c'est assez, 3 c'est trop !

Par repetitrice :: vendredi 03 février 2006 à 23:05 :: Général


A terme, j'aimerais bien créer une structure de soutien scolaire. Ou peut-être pas, je sais pas encore. Quoiqu'il en soit, je me renseigne : qu'est-ce qui existe dans ma région (pas grand chose), quels sont les méthodes, les niveaux de formation des « enseignants », les prix pratiqués.

Début d'enquête. Les prix pratiqués sont dans l'ensemble les mêmes que les miens. Mais certaines boîtes privées de soutien scolaire n'y vont pas par 4 chemins : leur prix (dans les 30 euros de l'heure !) sont près du double de ceux couramment pratiqués. Elles proposent également des « formules » où elles accordent des rabais sur le prix de l'heure en fonction du nombre de cours pris ou du nombre d'élèves (travail en petits groupes de 2-3 élèves).

Ce qui m'étonne- pour ne pas dire plus - c'est qu'elles « conseillent » également sur leur site web de 2 à 3 heures de cours privés par semaine. 2 à 3 heures ? mais c'est énorme ! Quelle est la rationnalité d'un tel conseil ? Comment déterminer à l'avance ce qui est nécessaire ? Si quelqu'un « bénéficie » tellement peu de la scolarité suivie qu'il a besoin de 3 heures de cours par semaine pour se maintenir à flot, ne peut-on par partir du principe qu'il y a alors quelque chose qui cloche profondément ? et que sans doute, il vaut mieux que cet élève soit orienté différemment ou que l'on attaque de front le problème qui l'empêche d'étudier en classe ? L'honnêteté intellectuelle ne demande-t-elle pas que l'on atire l'attention des parents sur ce fait plutôt que de leur faire miroiter une réussite qui, faute d'analyse fine du problème, risque fort de ne pas se produire ?


Je donne et j'ai déjà donné deux heures de cours par semaine. En deux heures de cours par semaine, on peut faire rattraper énormément de matière mal/non assimilée à un élève.


Deux heures par semaine, ça peut être parfaitement indiqué pour un élève qui faitpar exemple une année de liaison pour accéder à une filière plus difficile. Dans ce style d'année, les élèves « comblent » en peu de temps l'écart entre un programme et un autre. Bref, ça va vite et un élève qui a quelques lacunes dans une ou deux des branches peut bénéficier de ce type d'aide. Ce type d'année de « passage » demande pas mal de motivation de la part des élèves et je crois que la plupart le sont, vu les hautes exigences d'accès. C'est le type d'appui le plus facile que j'ai donné : peu d'effort (de ma part) et une satisfaction rapide ! Si ça a été efficace, je pense que c'est aussi dû au fait que nous étions parties très fort en début d'année (2 heures par semaine + des exercices à réaliser seule), de manière à la rendre le plus rapidement possible apte à bénéficier pleinement de l'enseignement suivi en classe. Dès le deuxième semestre, une heure par semaine a suffi, exceptionnellement complétée par une demi-heure ou heure supplémentaire. Quant aux révisions pour l'examen, elle les a gérées entièrement seule. Bref, l'exact opposé des « formules » proposées par certaines boîtes privées !


Autre contexte où je pense que 2 heures par semaine a du sens : l'enfant est « en attente » pour entrer dans une filière plus spécialisée où ses difficultés spécifiques pourraient être traitées. Comme il a toutes les peines du monde à suivre sa filière actuelle, plutôt que de nager pendant x mois et de ne plus rien apprendre, mieux vaut sans doute pour lui pouvoir bénéficier d'un enseignement personnalisé à domicile et faire des progrès, mêmes minces. L'idée étant que l'enseignement spécialisé, quand enfin il y aura accès, sera d'autant plus efficace que l'élève aura conservé au maximum sa motivation à apprendre et son estime de lui. Il s'agit de parer au plus pressé, mais évidemment, plus le délai d'attente est long et plus c'est un incroyable gâchis.


Il existe bien d'autres contextes où 2 heures par semaine de soutien scolaire peut être une mesure appropriée. A chacun de se déterminer. Cependant, je suis d'avis

  1. qu'il est primordial de se reposer fréquemment la question du nombre d'heure (les « abonnements » devraient avoir une durée réduite, de l'ordre de 2-3 mois max.)

  2. qu'il est tout aussi important de distinguer ce qui relève du soutien scolaire (qui à mes yeux comporte une dimension de remédiation scolaire) de ce qui relève de l'aide aux devoirs (où il importe de privilégier au maximum l'autonomie de l'enfant et qui ne nécessite pas forcément la présence continue d'un adulte

  3. que la proposition de suivre 3 heures de soutien scolaire par semaine ne devrait être faite qu'après une analyse fine des difficultés scolaires d'un élève et pour une période de temps très réduite, au risque de se révéler plus contre-productive qu'autre chose.


2 c'est assez (et même déjà beaucoup), 3 c'est trop !

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Le mercredi 22 mars 2006 à 19:24, de Wedding flower

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