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repetitriceRéflexions sur la pédagogie et le soutien scolaire. Pour une école citoyenne et solidaire.

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W. Sh.

Copinage

interlocutrice

Par repetitrice :: vendredi 17 février 2006 à 1:23 :: Général
L'élève, comme tout être humain, a des perceptions psychologiques de lui-même à protéger, une estime de lui à sauvegarder et il agit en étroite cohérence avec ce qui lui semble le plus apte à soutenir ce qu'il croit être comme personne et comme apprenant.

(J Tardiff, 1997, Pour un enseignement stratégique, l'apport de la psychologie cognitive, p. 110)

J'ai discouru sur l'efficacité ou non du soutien scolaire, mais il y a un aspect capital que je n'ai pas mentionné : le soutien scolaire est l'occasion pour un jeune de se voir accorder le statut d'interlocuteur dans un face à face avec un adulte.

Je rencontre des adolescent(e)s qui se sentent méprisés par leurs profs, surtout ceux qui sont en VSSO (la section qui offre le moins de perspectives professionnelles). Il est possible que ce soit la conséquence d'une hypersensibilité émotionnelle, fruit de couches et de couches de vécus scolaires douloureux. Tout ce que dit ou fait le prof est alors sur-interprété et toujours dans un sens dépréciatif pour soi. L'adolescent croit déceler des sous-entendus que l'enseignant n'a jamais eu l'intention de créer, ironie prise au pied de la lettre, etc. Possible que ce soit ça. Pas toujours. Le mépris est parfois réel. Ce qui revient souvent, c'est la question des « questions » , justement. La réponse aux questions des élèves, c'est un des grand vecteur de mépris. Les « c'était au programme de 3ème année primaire, ça ! » , « tu devrais le savoir », « je l'ai déjà expliqué », etc. La honte en direct et devant toute la classe. « Il/elle dit qu'il faut lui poser des questions quand on comprend pas, mais quand on lui en pose, elle se fout de notre gueule ». Voilà la plainte qui revient le plus souvent.


Le soutien scolaire, c'est l'occasion de poser des questions. L'occasion seulement, une potentialité. Une potentialité qui n'existe pas dans le système scolaire tel que nous le connaissons, où il est illusoire d'imaginer que le prof va réexpliquer un point du programme de 3è en 7ème année à un élève en particulier alors qu'il en a 23 autres. C'est le grand atout du soutien scolaire, ce face à face qui permet toutes les questions. Mais cette possibilité n'est pas forcément utilisée d'emblée par l'élève. Suivre un appui, c'est devoir reconnaître que l'on n'arrive pas à suivre à l'école. Alors poser une question au répétiteur, est-ce que c'est admettre qu'on arrive pas à suivre ...le répétiteur ? Est-ce qu'on est nul à ce point, que même un cours privé avec une gentille dame/monsieur, ça suffit pas à ce qu'on comprenne ?

Les questions, c'est comme les antibiotiques, c'est pas automatique.

Pour que dans le cadre du soutien scolaire, un élève en difficulté s'essaie à poser des questions, il faut qu'il soit rassuré par le répétiteur sur un point fondamental : le soutien scolaire est là pour faire apprendre, pas pour évaluer. Le dire ne suffit pas. Il faut en être convaincu et faire passer le message. Rendre à l'élève un statut d'interlocuteur et pour se faire accepter d'être soi-même un interlocuteur. En particulier accepter de répondre aux « je peux vous poser une question qui n'a rien à voir ». Oui tu peux. C'est même absolument essentiel.


En Suisse en ce moment, il est beaucoup questions des notes à l'école. Je suis archi contre et je pense que j'aurai l'occasion d'expliquer pourquoi ultérieurement. Ce qui me frappe actuellement, au-delà de l'aspect anochronique des conceptions "pédagogiques" des partisans des notes, c'est qu'il est toujours question de pédagogie justement, mais jamais de rapport de pouvoir entre enseignant et élève. Or si les notes permettent de tenir à distance les élèves et constituent un instrument de pouvoir des plus puissants, une évaluation écrite des productions des élèves nécessite que le prof "s'explique", bref qu'il consente à l'autre le statut d'interlocuteur. Dans ma pratique, je constate que certains contournent l'obstacle en utilisant avec dexterité toutes les abbréviations à leur disposition....Les révolutions ne se font jamais en un jour. J'espère y apporter ma modeste contribution.


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