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repetitriceRéflexions sur la pédagogie et le soutien scolaire. Pour une école citoyenne et solidaire.

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Copinage

Etudes dirigées = zéro efficacité

Par repetitrice :: mardi 01 mai 2007 à 13:39 :: Général

Hier soir, j'ai suivi une émission de politique française. J'y ai appris avec étonnement que Sarkozy propose des "études dirigées" pour améliorer les résultats scolaires des enfants. Avec étonnement parce que les études dirigées existent depuis très longtemps en Suisse - sous l'appellation "études surveillées" - et que ces dites études n'ont aucun impact sur la réussite scolaire. Je n'ai pas eu le temps de faire des recherches pour voir si ça avait été investigué de manière précise mais il est certain que l'origine sociale reste LE facteur déterminant pour la réussite scolaire en Suisse. Or quels sont les enfants qui vont aux leçons surveillées ? Pas mal de monde, surtout chez les familles défavorisées.

Personnellement, j'ai eu en soutien scolaire des élèves qui allaient fidèlement aux études surveillées plusieurs fois par semaine et le moins qu'on puisse dire, c'est que l'effet positif n'en était pas flagrant. Certes, ils savaient bien par coeur leurs poésies, leurs verbes et livrets étaient joliment recopiés etc. Mais ça, ça n'empêchait pas des performances scolaires médiocres.

Evidemment, il ne s'agit que d'une expérience personnelle. Mais elle est totalement conforme au résultat global : malgré un très large accès aux études surveillées (dans chaque école, etc. ), le destin scolaire des enfants suisses est très largement déterminé par l'origine sociale de leur parent. Pas d'efficacité notable donc.

 

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Commentaires

Le mercredi 23 mai 2007 à 0:51, par Jérémy
Les "études dirigées", ça existe aussi en France (bel et bien sous ce nom) ... Quand j'étais au college, c'est à dire il y a 9 ans, il y avait deux heures d'études dirigées par semaine obligatoires ...
Et je confirme: totalement inefficace, inutile !
Le samedi 02 juin 2007 à 15:53, par theophano
Pour moi tout est simple: il faut vouloir. Pour vouloir, il faut désirer. Pour de complexes raisons sociales, psychologiques et culturelles, tout le monde ne désire pas réussir à comprendre les maths ou avoir de bonnes notes en français.
D'autre part, de mauvais résultats ne signifient pas que l'on n'a pas compris. Ils signifient que l'on a raté l'exercice, ce qui est différent (on en revient au désir).
Le mercredi 20 juin 2007 à 10:07, par repetitrice
Simple ou complexe ? Parce que si les raisons pour lesquelles les élèves veulent ou non se donner les moyens de réussir scolairement sont complexes (facteurs sociaux, psychologiques et culturels que vous mentionnez à si juste titre), il s'en suit que tout ce qui concerne la "volonté" est également complexe, non ? (La phrase précédente est pas très bien contruite ;-) )

J'avoue ne pas très bien comprendre ce que vous voulez dire comme quoi les mauvais résultats ne signifient pas que l'on n'a pas compris. Pouvez-vous nous donner des exemples ?
Dans ma pratique, des mauvais résultats sont le signe non seulement que l'exercice n'a pas été compris, mais que les exercices précédents ne l'ont pas été non plus ! Mais il est vrai que je n'ai affaire qu'à des élèves en (grande) difficulté scolaire (biais de sursélection) et c'est pourquoi votre avis m'intéresse particulièrement car vous avez à faire à un public plus large.






















Le samedi 23 juin 2007 à 0:10, par theophano
Pourquoi un élève qui a compris peut-il avoir de mauvais résultats? J'exagère peut-être un peu. Disons, des résultats très médiocres. Un élève qui comprend peut avoir de nom breuses réactions, en fonction de son caractère. Il peut avoir en classe une attitude d'écoute superficielle qui lui permet de saisir vaguement de quoi il s'agit, mais pas de s'approprier véritablement la connaissance. Je prend une comparaison simple : vous avez écouté une recette de cuisine, elle vous semble simple parce qu'elle ressemble à une recette que vous connaissez déjà ou parce que vous avez été concentrée quand on l'a expliquée; mais vous ne l'avez pas faite encore, votre connaissance en est donc théorique; si vous laissez le plat trop chauffer au four, la recette pourra être ratée, alors que vous y étiez presque. Mais si un mois après vous la refaites avec concentration parce que vous êtes très motivée, et que vous vous souvenez de votre erreur, vous allez très bien la réussir.
Un enfant peut très bien suivre un exercice, mais le jour du contrôle il ne fera pas le lien entre l'exercice qu'il a compris, et celui que vous donnez; mais il a suivi l'exercice, et ce savoir reste présent en lui, latent. Deux ans après, à l'occasion d'exercices voisins, la compétence ressort.
Le cas classique, c'est l'élève qui écoute, retient, veut avoir de bonnes notes et y parvient. ou l'inverse : celui qui n'écoute rien, refuse, se désintéresse. Mais entre les deux la gamme est large, et un même enfant peut varier dans son attitude pendant une année.
Ma j'en reviens à ce que je disais : tout est affaire de désir, c'est pourquoi cela me paraît simple (même si les motivations internes sont complexes). Je connais deux ou trois élèves qui ne désirent pas apprendre. Ils n'ont pas de désir, ils sont comme "morts" intérieurement. Je suis convaincue, dans leur cas précis, qu'ils ne se sentent pas désirés et portés par leurs parents (je ne dis pas que c'est à justetitre); parce qu'ils leur semble inconciemment qu'ils ne sont pas l'objet d'un désir, ils dérivent dans la vie. Ils ne peuvent mobiliser leur volonté.
Le vendredi 29 juin 2007 à 13:13, par repetitrice
Merci bien pour ce complément d'information. Je comprends mieux votre propos.
Les élèves que je reçois sont plutôt en situation de décrochage scolaire et malheureusement pas en mesure de "jouer" de l'intensité de leur écoute. Les paroles de l'enseignant sont comme une radio dans une langue étrangère.
Le samedi 15 septembre 2007 à 9:13, par sam
Effectivement, les études dirigées existent en France, j'en ai eu au collège il y a 6 ans, mon petit frère et ma petite soeur aussi. Dans notre cas, cétait innéficace parce que la personne qui en était chargée était un ancien professeur de maths, pas très doué en maths, et totalement incompétent dans les autres matières.Par exemple, j'ai encore du refaire avec ma soeur ses maths, parce-que cette personne lui avait expliqué une methode fausse, avec application et pendant une heure...

Donc, selon moi, pour que les études dirigées fonctionnent il faudrait que la personne qui s'en occupe soit polyvalente, ou mieux, qu'il y ait plusieurs personnes qui soient chargées d'une classe. (essayez, en une heure de passer 10 minutes avec chacun des 30 élèves d'une classe...)
Le mardi 13 novembre 2007 à 13:49, par repetitrice
100 % d'accord avec SAM. C'est bien là le coeur du problème. La formation de la personne qui s'en occupe et la proportion adulte/enfants dont il/elle a la charge.

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