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repetitriceRéflexions sur la pédagogie et le soutien scolaire. Pour une école citoyenne et solidaire.

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All the world's a stage,
And all the men and women merely players,
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And one man in his time plays many parts.

W. Sh.

Copinage

Les maths, pour quoi ?

Par repetitrice :: vendredi 29 septembre 2006 à 22:00 :: about me
On peinait sur des exercices de math aussi répétitifs que vides de sens.
On peinait, on s'ennuyait et puis des fois on posait la question au prof : " à quoi ça sert, de savoir ça ? "
Si lui ou elle prenait la peine de répondre, ça donnait des réponses du style : "avec ça, vous pourrez ensuite aborder telle ou telle notion en math/chimie/physique" ou "vous avez besoin de ce niveau pour aller à l'EPFL ou faire médecine" ou en plus cours "pour avoir votre bac".

C'était pas vraiment une consolation parce que j'avais aucune envie de faire de la chimie, de la physique ou des maths à l'Unil, ni d'entrer à l'EPFL ni de faire des études de médecine. A l'époque, je voulais devenir prof d'anglais, (et à l'époque je me connaissais vraiment très mal parce que si il y a bien une chose qui m'insupporte, c'est entendre des gens baragouiner de l'anglais. ) Mais le bach, on était bien obligé de l'avoir pour faire ce qu'on voulait faire et du coup on a continué à prendre des cours d'appui de math, à faire des exercices hyper rébarbatifs, à pester contre l'absurdité du monde qui voulait qu'il faille connaître les cosinus, les courbes tendant vers l'infini etc. pour devenir prof d'anglais.

A l'époque, on disait aussi volontiers "je suis nulle, mais alors nulle en math." C'était pas vrai, on était pas nulles. Peut-être un peu moins bonnes que les garçons de notre classe  (quoique ?), mais "nulles" non. La preuve, c'est qu'on l'a eu, notre bach, et avec ce fameux niveau suffisant pour entreprendre des études en sciences ou ..en math. La vrai "nullité" en math, les personnes qui ont un mal de chien à comprendre ce qu'est une proportion, une puissance etc, c'est une autre paire de manche, vraiment.
 
Restent les stéréotypes sexistes : les femmes, c'est bien connu, sont nulles en math. Etre soit-disant nulle en math, c'est être une femme, une vraie. On se déclarait nulle pour se déclarer femme (Sombre destin !). Parce qu'on avait 13, 14, 15 ans, l'âge du conformisme maximum et que si on se voulait féministe, on en était encore loin. Plus tard, cette "nullité" continua d'handicaper certaines tandis que d'autres réussirent brillament des études de médecine ou de biologie. D'autres - dont moi - choisirent une autre voie tout en reconnaissant cette auto-dépréciation pour ce qu'elle était : une auto-dépréciation et en s'attribuant des capacités mathématiques redevenues "moyennes". Nous ne sommes pas les seules à avoir suivi ce parcours.  La sous-représentation chronique des femmes dans le monde scientifique inquiète l'Union Européenne et rien n'indique que la situation soit en train d'évoluer favorablement.
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Que ce serait-il passé si un(e) enseignant(e) - parce que nous avons aussi eu des enseignantes en math, mais ça n'a rien changé à la situation décrite plus haut - avait attaqué le sujet de front ? Mis à jour le poids des stéréotypes, leur conséquence possible sur notre avenir professionnel ? Mis à jour l'auto-censure, l'auto-limitation ?
 
On aurait été très surpris, certes, mais l'aurait-on  renvoyé(e) dans les cordes ? Y aurait-il eu plus de mes camarades choisissant une profession de science "dure" (chimie, physique, math ?), plus qui auraient choisi une profession technique, bien plus rémunératrice que ces emplois d'infirmière, etc. auxquelles elles aspiraient ?
Est-ce que moi, j'aurais fait les mêmes études ? Peut-être que j'aurais fait des études d'informatique à la place. Peut-être bien. Un temps - un temps bien après mes études, un temps où j'ai découvert par hasard que 1) j'aimais ça et que 2) j'avais de bonnes capacités ds le domaine - un temps j'ai regretté de ne pas être informaticienne. 
 
A l'adolescence, à l'âge où déjà, on est amené à faire des choix importants pour sa vie future, mais où aussi, on est si sensible aux stéréotypes, je suis d'avis qu'il ne sert à rien d'encourager les filles à être bonnes en math avec des arguments comme "tous les métiers sont ouverts à tous" parce ça, on nous le disait aussi, seulement on avait aucune envie de l'expérimenter, 0 envie d'être une des rares femmes dans un métier "d'hommes".
 
Peut-être auriont-nous été plus motivées si on nous avait expliqué que les maths sont très importantes dans les domaines qui nous intéressaient.
Nous dire par exemple, que des compétences poussées en math sont très utiles pour :
  • la GESTION / ELABORATION DE BUDGETS, une activité elle-même primordiale dans toute institution à caractère social, politique, associatif ou en rapport à l'enfance (demande/obtention de subventionnement, gestions des frais etc. )
  • PRENDRE DES DECISIONS en ce qui concerne SON PROPRE ARGENT : si on sait calculer un taux d'intérêt, on est moins dépendants de "conseillers" pour savoir s'il est judicieux ou non de prendre telle ou telle assurance, conclure un crédit, acheter son logement etc.
  • Loisirs créatifs : repeindre un meuble, faire un carrelage, créer ses propres modèles de vêtements
  • PRENDRE PART AU DEBAT CITOYEN : pour comprendre de quoi retourne la politique, il faut être au minimum au courant de ce qui se cache derrière des termes comme TVA, PIB, IDH, taux de CO2 ; on s'en sort mieux si on comprend des termes comme variance expliquée, modèlisation mathématique, etc.
  • COMPRENDRE LES SCIENCES SOCIALES ET LA PSYCHOLOGIE qui font un recours massif à la recherche par questionnaire et à leur traitement statistiques, qui font également constamment appel à des notions de discrimination, valeur médiane, etc.
  • Loisirs créatifs et DESIGN DE VETEMENTS: repeindre un meuble, faire un carrelage, créer ses propres modèles de vêtements : pour décider de combien de matériel acheter et comment procéder , avoir une idée du prix de revient de la marchandise.

Qu'en pensez-vous ?

 

 

histoire/géo : hypothèses de travail (1)

Par repetitrice :: lundi 25 septembre 2006 à 14:06 :: ressources pédagogiques
1ère hypothèse :

La matière enseignée est mieux retenue/comprise si la didactique proposée correspond à la manière dont le cerveau traite naturellement l'information.

(Traduction/argumentation :
Notre perception/compréhension des choses n'est pas immédiate. Notre cerveau doit "interpréter" toutes les stimulations perçues. Par exemple : "je frissonne", donne "il fait froid" puis "je vais aller mettre ma jacquette". La sensation de froid est ici "l'information" et le processus qui va de la sensation de froid à "je vais aller mettre ma jacquette" est appelé "traitement de l'information par le cerveau" en psychologie. Bien sûr, chacun traite différemment l'information, mais il y a cependant des  choses qui sont communes à tous.  Par exemple, il est plus facile de mémoriser un schéma simple qu'un texte, etc. La psychologie scientifique étudie ces processus communs ainsi que les différences interindividuelles ou d'origine culturelle. Pour en savoir plus, lire par exemple
ici.
Je formule donc l'hypothèse, - en me doutant bien que je ne suis pas la première ! - que si la manière d'enseigner correspond à la manière dont le cerveau organise le plus souvent l'information, alors l'élève apprend mieux et plus facilement.
)

Il en résulte les deux sous-hypothèses suivantes :

- ce que j'ai raconté sur les exposés efficaces peut être recyclé pour mieux apprendre l'histoire et la géo. (
Vous le trouvez là).

- en histoire /géo, le recours au schème de "résolution de problème" est sans doute souvent pertinent.

Un schème, c'est-à-dire ?

La notion de schème est issue de la psychologie cognitive. La citation ci-dessous en donne une bonne définition :

La psychologie piagétienne nous invite à considérer l’action comme sous-tendue par des schèmes qui lui préexistent et lui survivent, et garantissent une certaine continuité des structures générales de notre fonctionnement par-delà la diversité des situations auxquelles nous sommes confrontés. Une partie croissante de nos actions, lorsque nous devenons adultes, se bornent à consolider des schèmes acquis sans les mettre en cause, parce qu’au gré de l’expérience ils sont devenus relativement efficaces dans des situations stéréotypées. Durant l’enfance et l’adolescence, ou lorsque nous sommes placés dans des situations nouvelles, l’apprentissage devient indispensable : les schèmes dont nous disposons ne sont pas suffisants pour faire face à des environnements et à des problèmes inédits, il ne nous suffit plus de procéder à des ajustements mineurs à partir d’une trame déjà disponible, c’est la trame elle-même qui doit se complexifier, se différencier, évoluer. Là réside l’apprentissage, dans la transformation, la différenciation, la coordination des schèmes existants.
J'ai trouvé ça , c'est un texte de Gather Thurler et Perrenoud, 1991).

une bonne définition que certains auront peut-être besoin que je traduise en langage courant :

Quand le cerveau traite de l'information, il ne réinvente pas la roue à chaque fois. Par exemple, quand vous rencontrez une personne nouvelle, vous ne vous creusez pas la tête 10'000 heures pour savoir comment vous comportez. Vous vous souvenez de ce que votre maman vous a appris et vous lui dites "bonjour", et aussi de ce que vous avez appris plus tard et vous dites un truc du genre " Je suis Isabelle, la copine de Marc, et vous/toi ? " Face à une nouvelle personne, vous utilisez à chaque fois un "schème", une sorte de scénario que vous connaissez à l'avance et qui fonctionne tout le temps et qui permet à votre cerveau de se préoccuper d'autre chose parce que si devant chaque nouvelle personne, vous deviez hésiter entre dire "bonjour", "je suis extrêmement honoré de votre présence ici" et "c'est génial !", ce serait épuisant. Donc, dans toutes les situations usuelles (appelées ici "stéréotypées"), vous dites "bonjour" sans trop réfléchir et quand ça se complique, comme par exemple l'arrivée inopinée du Père Noël dans votre salon, alors là vous vous écarteriez du schème "nouvelle personne" et vous pourriez par exemple dire "c'est génial !".

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La résolution de problème, c'est quoi ?

Ici, je fais référence à la
"résolution de problème" dans le contexte de la psychologie cognitive. Ce domaine d'étude fait l'objet de très nombreuses recherches et publications. Il s'agit généralement de décrire des procédures de résolution de problème .

En parlant de "schème de résolution de problème" appliqué à l'histoire/géo, je veux dire que les élèves, dans leur vie de tous les jours, ont une idée de la manière dont il faut résoudre un problème (quel qu'il soit). Confronté à un problème, ils ont recours à un "schème", un scénarion de "comment je me sors de ce pétrin". Ma proposition est de leur permettre d'avoir recours à ce schème pour structurer la matière en histoire/géo. En bref, leur présenter la matière avec 3 questions essentielles :

  • C'était quoi son/leur problème ? (en géo : c'est quoi leur problème)
  • Qu'est qu'il/elle ils/elles ont entrepris pour le résoudre ?
  • Est-ce que ça a marché ? (en géo : est-ce que ça marche ?).

L'idée sous-jacente étant que ces 3 questions font partie de leur propre schème usuel de résolution de problème et qu'ils auront plus de facilité à réfléchir en histoire/géo si la matière est structurée de cette manière "naturelle".

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histoire/géo : hypothèse de travail (2)

Par repetitrice :: lundi 25 septembre 2006 à 14:00 :: ressources pédagogiques

2ème hypothèse

 

Je me demande dans quelle mesure c'est pas la compréhension/mémorisation qui foire, mais plutôt le niveau de français.

 

D'où ma seconde hypothèse de travail :

- la remédiation en histoire/géo est plus efficace si elle tient compte de l'illétrisme d'un certain nombre d'élèves.

J'ai longtemps raisonné en terme de compris/pas compris, révisé/pas révisé, mais je suis amenée à réviser cette position. Certains élèves loupent totalement une évaluation en histoire/géo alors qu'on croyait qu'ils étaient fin prêts à la passer.

 

Comment contourner l'obstacle dressé par l'illétrisme ?

- prêter une attention particulière au manuel dans lequel étudie le/la jeune ; si nécessaire et si c'est possible, recopier avec lui/elle ce qu'il a à apprendre ;

Dans un souci très respectable de rendre attractif la matière présentée, les pages des manuels d'histoire/géo sont souvent constitués d'illustrations, de fac similé de documents d'époque, d'encadrés etc. etc.
Pour avoir des personnes illetrées dans mon entourage proche, j'ai constaté qu'elles ont beaucoup plus de difficulté à lire tout ce qui est "discontinu" et à retrouver de l'information qui est "éparpillée". Cela ne veut pas dire que les manuels sont mauvais, mais il vaut sans doute la peine, pour les élèves en grande difficulté de lecture, de passer ensemble en revue les différents éléments de la page en réfléchissant par oral à quel statut leur attribuer.
Je me suis rendue compte tardivement à quel point, pour une personne illetrée, une interruption dans la lecture constitue un problème. Si elle a levé les yeux du texte, elle se met à chercher longuement là où elle s'était interrompue. C'est donc aussi une interruption dans sa concentration. Tout ce passe comme si elle devait refaire la quasi intégralité du travail cognitif qu'elle avait entamé
.

- avoir recours aux questions à choix multiple (QCM) pour tester les connaissances

Les QCM n'ont rien de simple ou de simplificateur. On ne réussit pas "par chance" aux QCM. En revanche, ils ont l'avantage que la personne illetrée n'est pas obligée de mettre en mot sa pensée. Parce que l'illétrisme, ce n'est pas seulement un problème de lecture, c'est aussi, et c'est beaucoup, un problème pour produire soit même un texte écrit.
Un test d'histoire/géo en QCM, c'est la possibilité d'offrir à des personnes illetrées une chance réelle de réussite. Or qui dit réussite dit motivation et estime de soi renforcée et appétence à apprendre..l'histoire/géo et lire et écrire d'autre part.

3 ou 4 questions en QCM parmi des questions en format "usuel" permet également à un(e) enseignant(e) de détecter rapidement si il existe un problème d'illétrisme dans sa classe. Si c'est le cas, on devrait obtenir significativement plus de réussite aux questions QCM qu'aux autres.

- exercer en classe la production de texte écrit relatif à l'histoire/géo.

Tant il est vrai que c'est en forgeant qu'on devient forgeron...

histoire-géo : hypothèse de travail (2) : suite

Par repetitrice :: lundi 25 septembre 2006 à 13:52 :: ressources pédagogiques

Mise en pratique


Le schème de résolution de problème permet d'aborder un même sujet sous une multitude d'angles différents. Il permet de s'en tenir à une version simple ou d'aborder toute la complexité d'un sujet.

Prenons par exemple un sujet classique de l'histoire suisse : la réalisation du pont du Diable en 1595, dans le Gothard. et d'une route pavée sûre permettant au muletier de relier la Suisse à l'Italie sans trop de péril.





  • IDENTIFICATION  DU PROBLEME
    C'était quoi son/leur problème ? (en géo : c'est quoi leur problème)

Quel est le problème – Définition d'axe de priorité – Poids relatif des différents problèmes en présence – Possibilité ou non d'agir sur tel ou tel problème – qui définit le problème (éventuel conflit des acteurs sur ce point)

  • Qu'est-ce que l'enclavement ?
  • Est-ce que c'est un gros problème ?
  • Est-ce que l'enclavement est un problème qui est toujours d'actualité pour certains pays/certaines régions ?
  • Est-ce que c'est un problème pour toute la population suisse?
  • Est-ce que c'était le problème principal où est-ce qu'il y en avait d'autres ?
  • Par rapport à d'autres pays, est-ce que la Suisse était dans une situation plus défavorable en matière de voie de communication ?
  • L'axe Suisse/Italie était-il important d'un point de vue économique ? Plus important que d'autres ?Quel était l'avantage espéré d'une intensification des échanges avec l'Italie?
  • Est-ce que les commerçants étaient souvent victimes d'attaques de brigands lors du passage du Gothard ?
  • Sans route pavée, était-il néanmoins possible de franchir le col du Gothard ?



  • MOYENS MIS EN OEUVRE
    Qu'est qu'il/elle ils/elles ont entrepris pour le résoudre ?
Moyens techniques – moyens financiers (côut, sources de financement) – moyens humains (travail.(spécifier le type); au pire des cas : nombre d'accidentés/de vies humaines perdues)

Réflexions sur l'efficacité de la stratégie mise en oeuvre – comparaison avec d'autres résolutions de problèmes semblables (à l'époque et actuellement)

Eventuelles conséquences (prévues ?) négatives de la solution appliquée.

  • A l'époque, quels étaient les moyens employés pour construire une route ?
  • Pourquoi le chemin était-il pavé et non bitumé ?
  • Par rapport à un chemin en terre, quel est l'avantage des pavés ?
  • Comment ont-ils fait pour construire le pont du diable ?
  • Pourquoi ont-ils construit une route et pas un tunnel ?
  • Pour désenclaver la Confédération, auraient-ils pu imaginer d'autres solutions ?
  • A votre avis, pour construire 1 km de route pavée dans le Gothard, combien de temps /d'ouvriers fallait-il ?
  • Est-ce que c'était dangereux, de travailler sur ce type de chantier ? Y avait-il beaucoup d'accidents de travail ? Y avaiit-il des moyens mis en oeuvre pour les éviter ?
  • Est-ce que c'était plus dangereux qu'actuellement ?
  • Qui a payé pour ces constructions ? Impôt ? Donation de notables ? Prêt auprès de banques ? Travail forcé ? Autre source de financement ?
  • Le fait qu'ils aient eu les moyens de mettre en oeuvre ce type de construction, qu'est-ce que cela nous dit de leur situation économique antérieure à cette construction ?

  • RESULTAT
    Est-ce que ça a marché ? (en géo : est-ce que ça marche ?).

Le problème est-il résolu ? Totalement ? En partie ? Selon le point de vue de qui ?
La solution a-t-elle été efficace ? Sa mise en oeuvre a-t-elle été complète ? Si non, en raison de quelles obstacles ?
Eventuelles conséquences (prévues ?) négatives de la solution appliquée.

  • Alors, ça a marché ?

  • Quelles sont les personnes qui ont utilisé cette voie pavée ? Des touristes ? Des commerçants ? Des soldats ? Des pélerins ?
  • Il fallait payer pour passer le Gothard. Est-ce que ça a enrichi la Confédération ? Les muletiers ?
  • Est-ce que ça a enrichi la Confédération dans son ensemble ou plus particulièrement certains cantons ou certaines villes ?
  • Est-ce qu'il y a eu un bon retour sur investissement ?
  • Est-ce qu'il y a eu une intensification des échanges commerciaux ?
  • Quel type de marchandise transitait majoritairement par le Gothard ?
  • Est-ce qu'il avait également des désavantages liés à l'existence de cette voie pavée ? Ces désavantages avaient-ils été prévus ?



salade mathématique

Par repetitrice :: lundi 25 septembre 2006 à 0:04 :: ressources pédagogiques

200 + 100 = ? 300

300 + 100 = ? 400

On continue : 400, 500, 600, 700, 800, 900.

Puis 900 + 100 = ? 1'000 et

1'000 + 100 ? 2'000 (sic)

et 2'000 + 100 ? 3000 (resic!)

Oups ! Que voilà une belle salade mathématique ! Des élèves en grande difficulté scolaire me l'ont servie, des élèves plus jeunes aussi.
Pour se dépêtrer, je propose de travailler de la manière suivante :

1ère étape :

on présente à l'enfant des réglettes (ou dessins) de tailles différentes, chaque réglette correspond à une unité différente,

  1'000

100

10

et l'enfant doit construire un chiffre à partir de ce matériel. Par exemple :


Ici, on a donc le chiffre 1'230.

2ème étape :

On construit soit-même de cette manière un chiffre, puis on enlève un de ces éléments (ou en un rajoute) et on lui demande à quoi correspond cette manipulation.

Dans notre exemple, enlever un rectangle rouge équivaut à soustraire 1'00, ajouter un rectangle violet équivaut à ajouter 100, .etc, etc.

Selon les cas, cela vaut la peine de faire écrire à l'élève le calcul ainsi réalisé.

3ème étape : on donne à l'élève des calculs à faire en lui disant qu'il/elle peut s'aider des réglettes si il/elle veut.


Personnellement, j'ai obtenu de bons résultats avec cette manière de procéder. Dans un premier temps, je privilégie toujours l'oral parce que l'oral ne  laisse pas de trace . Avec des réponses données par oral, l'élève n'a pas sous les yeux l'ensemble de ses erreurs. Du coup, ses erreurs ne sont pas surlignées. Ça favorise l'émergence d'une sorte de « conversation scientifique », où les erreurs ne sont qu'une étape vers la résolution du problème.
Si l'élève reste malgré tout focalisé sur ses difficultés, je me replie sur ma stratégie passe-partout : je lui demande de manipuler lui/elle les réglettes et c'est moi qui «traduit ». Ce faisant, je verbalise ce que je fais. Ex : "ah, tu as enlevé deux carré rouge et un rectangle violet, bon, il faut que je sépare bien les centaines et les milliers..bon.les carrés rouges, c'est les milliers, alors là, c'est 2'000 et puis les rectangles violets, c'est les centaines..comme tu en as enlevé un, alors ça fait 100, ..bon alors alors...en tout tu as enlevé 1'200." Je commence par donner uniquement des réponses justes. Selon le niveau de compréhension ou non de l'élève, je peux aussi donner des réponses fausses et je dis par ex : « Si je disais que tu disais que ça fait tant, est-ce que tu serais d'accord ? Oui, pourquoi ? »

NB : Les réglettes, je les ai achetées dans un magasin de jouet. A la base, elles sont prévues pour étudier plutôt les fractions. Le système des réglettes est vieux. Ma grand-mère, qui avait été institutrice pour l'école enfantine, en avait tout un tas, dans de très belles couleurs et em 3 D. On s'en servait pour construire des tours.

Une boîte à pourquoi

Par repetitrice :: mercredi 20 septembre 2006 à 19:42 :: about me

Quand mon fils ira à l'école, je lui fabriquerai une petite boîte : une boîte à question. Je lui dirai d'y mettre toutes ces questions, des plus insignifiantes au plus importantes. On ouvrira la boîte régulièrement et on essaiera d'y répondre. Je l'encouragerai à poser ses questions à toutes sortes de gens (instituteur/trice, copain, parrain, marraine). A obtenir des réponses diverses et variées. Je rêve de ça pour lui et nous.

 

Un site web me sera sans doute utile,  le site des pourquoi.

persona

Par repetitrice :: jeudi 14 septembre 2006 à 0:30 :: Général

Être soi, immédiatement soi face à autrui, n'est pas un grand signe de santé mentale (dans les moments d'intense souffrance psychique, on n'a plus la force, l'énergie, la capacité de "garder la face", on est  "Brut de décoffrage" et je vous garantis que c'est douloureux) , ni un but à rechercher, sauf dans l'amour physique. Et même là, on est rapidement ailleurs, "au 7ème ciel", une expression faute de mots.

 

D'où le concept (psychanalytique) de "PERSONA" :

"Dans sa psychologie analytique, Carl Gustav Jung a repris ce mot pour désigner la part de la personnalité qui organise le rapport de l'individu à la société, la façon dont chacun doit plus ou moins se couler dans un personnage socialement prédéfini afin de tenir son rôle social." (citation tirée de la définition de persona sur wikipedia).



 

Par conséquent vous êtes en relation avec la PERSONA de la personne en face de vous, pas avec son SOI, c'est-à-dire que vous êtes face à la part de sa personnalité qui organise le rapport de cet individu à la société, à la part de sa personne qui gère son rôle social. Vous n'êtes pas face à la personne "VRAIE de VRAIE", si tant est que cela existe. Bref, dans toute interaction sociale, on est face à quelqu'un qui développe une STRATEGIE IDENTITAIRE.


C'est même vrai (et normal) chez de très jeunes enfants. Je me souviens d'une petite fille, chez une copine. Elle l'appelait habituellement "tantine J.", mais pour demander un biscuit, elle a tout d'un coup dit : "maman J, je peux avoir un biscuit ?" : un changement stratégique d'identité !


 

Pour une raison que j'ignore , il semble que les journalistes aient très peu recours à cette notion. C'était très frappant dans un récent reportage de Temps présent consacré, à la pornographie et aux adolescents.
Y étaient interrogés des ados (mâles en majorité) et tous de dire que "oui", ils avaient vu des images zoophiles et autres, que "ça les faisait marrer", qu'ils "s'en foutaient", qu'ils avaient vu des images de "tournantes", bien sûr, "dans des caves", etc. A vrai dire, je vois mal un de ses ados dire qu'il n'est "pas au courant", que son accès à la pornographie "se limite" à des cassettes x et des images x sur téléphone, que des copines de classe nues, c'est dans ses rêves mais pas dans sa réalité ni celle de ses potes. On ne saura donc pas si c'est vrai ou non, tout ça. Mais j'aurais bien voulu des questions plus ouvertes, avec la "bonne" réponse moins facile à trouver. Et puis, peut-être aussi un petit rappel du livre de Laurent Mucchielli
"Le scandale des tournantes. Dérive médiatique, contre-enquête sociologique", paru en 2005 et qui, enquête sérieuse à l'appui, démontre que les viols collectifs sont fort rares dans les banlieues françaises....ce qui laisse à penser qu'ils sont sans doute tout aussi rares dans la "banlieue" genevoise.


Les journalistes semblent parfois aveugles aux stratégies identitaires des personnes qu'ils interrogent. Et ce d'autant plus que cette personne appartient à une catégorie sociale défavorisée. Quand Sarko ou Blocher ouvrent la bouche, on se doute bien qu'ils mettent en jeu une "persona", qu'ils suivent une stratégie identitaire, qu'ils cherchent à "passer pour" quelqu'un de sérieux/autoritaire/un homme à poigne/un homme proche des préoccupations des petits etc. etc. Quand c'est un jeune qui parle, un chômeur, souvent cette personne est traitée comme si elle n'avait pas de "face" à " garder/sauver" et que tout ce qu'elle disait suffisait à la résumer/définir entièrement.


Quel est le rapport avec le soutien scolaire ? J'y viens, j'y viens. Le rapport, c'est que dans le contexte scolaire, il me semble que c'est à tort que l'on prend ce que disent les élèves pour "le fond de leur pensée", le "miroir de leur âme", etc. On a pas un rapport direct aux jeunes. On a affaire à leur PERSONA. Ce qu'ils disent d'eux est le fruit d'une stratégie identitaire. Il s'agit d'en tenir compte.





illustration libre

Par repetitrice :: mercredi 06 septembre 2006 à 19:26 :: about me
  • Les illustrations que j'utilise sont "libres de droit". Soit parce que c'est moi qui les ai fabriquées  (le plus souvent avec gimp) et que je les déclare telles, soit parce que je les ai prises sur wikipedia qui propose des illustrations libres de droit. Vous êtes donc libre de copier/coller ce qui vous plaît.
  • Il n'en va pas de même en ce qui concerne le texte. Mis à part une éventuelle erreur, tous les textes sont de moi et les citations sont clairement indiquées.  Merci de faire de même à mon égard.

impression idiote

Par repetitrice :: samedi 02 septembre 2006 à 20:01 :: about me



              Je pense à des trucs, j'ai envie de les écrire et puis je me dis que ça vaut pas la peine. C'est peut-être vrai, mais c'est pas argumenté. Pas plus que quand j'écrivais en me disant le contraire. Très focalisée sur mon bébé + je déprime un peu, je crois. J'arrive pas à m'organiser pour faire ce que j'ai envie de faire et quand j'ai un moment, je trouve que c'est ridicule et inadéquat.

Pleins de visites, though. Amis visiteurs, êtes-vous là par erreur ? Revenez-vous parfois et si oui, pourquoi ?

autonomie

Par repetitrice :: samedi 02 septembre 2006 à 19:31 :: Général

-"C'est pour mon fils, il a 14 ans."

- "Et il a des problèmes dans quelle branche ?"

- "Ce serait pour un peu tout. Pour qu'il travaille, surtout.  Nous, on habite à yyyyyy (adresse chic). Vous venez à domicile ?"

-"Non. Je pense que pour qu'un cours marche, il faut un minimum d'autonomie, de motivation. Etre prêt à se déplacer. Dans mon expérience, j'ai constaté que quand un ado n'est pas d'accord de se déplacer, l'appui ne sert généralement à rien."

- "Ah (sur un ton dépité). Et vous habitez loin ?"

- "Non, à l'entrée de bbbbb (en bus, direct et 15 min max.). Tout près de l'arrêt de bus.

- "Ah (re-ton dépité). Bon, ben je vais en parler à mon fils et je vous rappelle" (Elle a pas rappelé).

 

On parle des fois/souvent de la démission des parents. Je crois pas que ce soit le cas. Plutôt des parents qui n'osent pas confronter les ados à des choix clairs : soit tu coopères, soit tu coules scolairement, à toi de voir. Des parents qui bombardent leurs ados de cours superflus aussi, pour se rassurer eux et sans pouvoir accorder une autonomie minimale à leur enfant. L'un n'excluant pas l'autre.