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repetitriceRéflexions sur la pédagogie et le soutien scolaire. Pour une école citoyenne et solidaire.

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W. Sh.

Copinage

correction versus métacognition

Par repetitrice :: jeudi 16 mars 2006 à 12:05 :: ressources pédagogiques
Les travaux écrits, on les "corrige" en classe. Le soutien scolaire est l'occasion pour l'élève de "revoir ça tranquillement". Traduction : de comprendre le pourquoi il a/ou a eu un résultat désastreux à tel ou telle évaluation, et ce dans la discrétion douillette de l'appui individualisé. Capitale, cette discrétion, surtout à l'adolescence. Les ados ont horreur d'attirer l'attention sur eux, de se démarquer de leurs pairs. Pas question, pour bon nombre d'entre eux, de poser des questions sur ce qu'ils n'ont pas compris, pas su faire juste, etc.

Dans l'idéal, les profs ont conscience de cette attitude si typique et la respectent. Ils savent que le moment où des ados reçoivent une évaluation n'est pas le moment où il faut s'attendre à ce que, spontanément, ils posent les questions sur ce qu'ils n'ont pas compris. Un/une ado qui reçoit une évaluation négative, il s'intéresse avant tout à une chose : "est-ce qu'il a fait beaucoup moins bien que les copains ?" et "comment faire pour ne pas perdre la face devant eux, vis-à-vis de soi, des parents, du/de la prof ?". Bref, ils sont tout entiers pris par la situation d'évaluation et le moins qu'on puisse dire est qu'elle n'est pas propice à ce qu'ils s'engagent là, sur l'instant, dans un processus quelconque d'apprentissage, qu'ils "apprennent de leurs erreurs".

J'imagine que dans leur formation pédagogique, on rend attentif les profs à ces spécificités des adolescents. Je ne sais pas comment on leur propose de contourner l'obstacle. (Si j'ose un conseil : au minimum ne jamais se lancer dans les corrections le jour même.) Bref, j'espère qu'ils ont des outils à leur disposition pour ce faire. Mais voilà, il semble que certains aient un peu oublié leur formation. Et ils se lancent, le jour même et au tableau, dans les "corrections" du travail écrit. C'est-à-dire qu'ils donnent les réponses "justes" et s'il y a lieu, exposent les étapes intermédiaires qui permettaient de trouver cette réponse. Et leurs élèves prennent leur plus belle plume et recopient les solutions des problèmes de maths, des questions de géo, etc. Je suis toujours frappée à quel point les corrections sont jolies, propres, nettes, etc.
Pas sûr que cela soit le reflet d'une compréhension réelle, cepandant.Au mieux, tout devient soudainement limpide pour les élèves qui se disent "mais c'était beaucoup plus simple que ce que je croyais" et "mais que n'y avais-je pas pensé !". Au pire, ils n'osent plus penser ou voient leurs craintes confirmées "c'est vraiment dur". Et quand ça se répète souvent et que leurs parents ont les moyens, ils se paient "un appui" dans la branche en question.

Et que fait le répétiteur ? Il/elle dit "on va revoir ça tranquillement". On pourrait croire le problème réglé, rapport à la "discrétion douillette" mentionnée plus haut. Le répétiteur n'est pas payé pour juger, mais pour aider. Pas de honte à avoir, donc, de ses erreurs. C'est l'occasion en or d'appliquer cette devise si chère aux pédagogues :"apprendre de ses erreurs".

Mais en fait, non. Les "appuyés", généralement, n'apprennent pas vraiment de leurs erreurs. Parce que le répétiteur, le plus souvent, ne fait que refaire ce que le prof a fait : il "explique" les solutions de l'évaluation. La différence avec la classe, c'est que 1) l'élève est un peu revenu du choc et plus disposé à entrer dans un apprentissage (QUOIQUE, rien n'est moins sûre, à mon humble expérience) et ose manifester (quoique, re-mon humble expérience) quand il ne comprend pas et 2) le prof à domicile se concentre plus sur les solutions des problèmes que l'élève à mal résolu et cherche sincèrement à lui faire comprendre comment faire juste. Bref, de part et d'autre, on est plein de bonne volonté et on fait des efforts. Mais force est de constater que c'est généralement sans résultat notable. Au prochain test, re- mauvaise note/évaluation, re-explication etc.

Oui, mais voilà, le hic, c'est qu'on s'en fout, des bonnes réponses. Du détail, qu'il fallait faire 1/2 x 3/4 puis... ou 12-2 et puis divisé le résultat par 2 etc. etc. Savoir résoudre le problème, ça nous sert plus ou moins à que dalle. Parce que c'est du passé (balayé, oublié, je me fous du passé ). Ce problème-là, cette question-là, elle ne reviendra plus jamais. Pas sous cette forme exacte, en tout cas. Ce qui importe, c'est de pouvoir répondre à l'avenir à des questions/trouver des solutions à des problèmes SEMBLABLES. Et pour se faire, il est absolument nécessaire que les corrections portent non sur les "bonnes réponses" mais sur les stratégies à appliquer, quand et pourquoi. Nécessaire d'essayer de comprendre quelle stratégie ils ont appliquée, suivant quelle logique et pourquoi cette stratégie n'était pas adaptée (ou adaptée mais avec une faute de calcul malencontreuse, par ex).

exemple (tiré d'un matériel scolaire réel) : Dans une famille de cinq enfants, il est prévu 12 branches de repas pour le goûter. Que reçoit chaque enfant ?

Correction "classique" : 12/5 =2,4 ; chaque enfant reçoit 2,4 branche de chocolat (ou 12/7 si les parents sont gourmands et reçoivent eux aussi leur part de chocolat)

Correction "stratégique" : "on est dans une situation où il faut partager quelque chose, n'est-ce pas ? Et comment il faut le partager ? - "chaque enfant reçoit la même chose" - "On est donc dans une situation de partage où chacun reçoit la même chose. Est-ce que tu connais une opération mathématique qui permet de faire un partage en parts équivalentes ?". On amène ensuite l'élève à se rendre compte qu'il s'agit de la division. La correction est alors : partage en parts égales : on utilise la division.
Au lieu de corriger exercice par exercice, on corrige "stratégie par stratégie". C'est-à-dire qu'on pose des questions du style : "donc là, il s'agissait de faire un partage en parts égales et pour ce faire on applique la division.  Est-ce que dans le test il y avait d'autres exercices où il fallait aussi partager en parts égales ?" ou bien "et qu'est-ce qui se passe si on fait un partage inégal ? Est-ce que là-aussi ça a un sens d'utiliser la division ?" etc. etc.
On prend soin d'inclure dans la discussion une discussion sur les stratégies employées par l'élève. En effet :

En raisonnement juste sur une hypothèse vraie, l'on arrive toujours à une conclusion vraie, en raisonnant juste sur une hypothèse fausse, l'on arrive toujours à une conclusion fausse (comme l'on voit par les démonstrations qu'on appelle ad absurdum) ; mais en raisonnant faussement sur une hypothèse fausse, il se peut faire, quelquefois qu'on arrive à une conclusion vraie ; une fausseté, pour ainsi dire, corrigeant l'autre.

 
Partons dès lors du principe que les erreurs, c'est pas du hasard ou le résultat d'une stupidité. C'est le résultat d'une hypothèse erronée et il s'agit de la retrouver, cette hypothèse. Pour aider l'élève à changer de stratégie. Et puis, ça renforce énormément la confiance en soi, à se percevoir comme être pensant.
 
Dans le problème de math présenté ci-dessus, une élève avait procédé à la bonne division mais avait oublié de mettre une virgule. Elle avait trouvé : 12/5 = 24. Elle a mis ce calcul entre parenthèse puis est partie dans..une soustraction : 12-5=7 et elle a écrit : chaque enfant reçoit 7 barres de chocolat. Ou la multiplication miraculeuse des barres de chocolat...
 
Une correction "stratégique", ce pourrait être là : "j'ai regardé les calculs que tu as faits et je crois qu'il s'est passé quelque chose comme ça, "bon, il faut que je fasse des parts égales, je vais diviser." Tu as trouvé 24 et tu t'es dit "24, c'est pas possible, c'est trop grand, il y a que 12 barres de chocolat, ça peut pas être ça, il faut que je fasse autre chose, que faire ? bon, voyons ce que ça donne en faisant une soustraction". Là, tu as trouvé 7 et tu t'es dit " OK, ça peut être ça, 7, c'est plus petit que 12". Je cherche à savoir si c'est réellement ce qui s'est passé, à lancer la discussion. "Ta première stratégie, diviser pour avoir des parts égales, elle était tout à fait juste. Mais ton résultat, 24, il ne collait pas". etc. etc.

CORRIGER

1 Rectifier, améliorer conformément à une règle, à des règles. Il se dit en parlant des Personnes et des choses.

exemples : corriger les fautes, les défauts d’un ouvrage.

Il signifie encore Réprimander, châtier, punir en vue d’améliorer le caractère, les habitudes.

Le père corrige ses enfants.
Il a besoin d’être corrigé.
corriger un chien. 2.

à méditer

Si l'homme sensé se corrige aux dépens d'autrui et le sot à ses propres dépens, que dire de celui qui ne se corrige pas alors même qu'il a reçu de gros coups sur la tête ?

 

Je fais 10 fois plus d'erreurs que mes élèves. Mais je me corrige 20 fois plus vite.

 

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