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repetitriceRéflexions sur la pédagogie et le soutien scolaire. Pour une école citoyenne et solidaire.

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W. Sh.

Copinage

Travailleuse pauvre

Par repetitrice :: mercredi 26 avril 2006 à 15:46 :: Général

Quand j'entends sur la télé française Borloo et ses emplois de "service à la personne" qui seraient un gisement sans fond d'emplois, je rigole doucement. Le soutien scolaire, si j'ai bien compris, est censé en faire partie et les personnes qui se paient du soutien scolaire peuvent déduire la moitié de la somme versée aux impôts. Cette mesure est anti-sociale à double titre : pour être aidé par l'Etat, il faut être suffisamment "riche" pour payer des impôts et surtout, le soutien scolaire n'est pas un job rémunérateur. Faire du soutien scolaire, c'est être et rester un travailleur pauvre.

Même en faisant payer cher, il est vraiment difficile de s'y retrouver si on veut offrir une prestation correcte.

Avant de gagner de l'argent, j'en ai dépensé. Pour du matériel scolaire ou para-scolaire, pour du matériel pédagogique dans un magasin spécialisé, racheter un compas, une équerre, temps passé sur internet à "pomper" des exercices gratuits, les objectifs du programme scolaire officiel, encre pour mon imprimante, etc. Pour rechercher des élèves, j'ai mis des annonces dans des journaux régionaux. ça aussi, ça m'a coûté.

Au début de cette activité, j'ai accepté de me déplacer à domicile. Super pour connaître le contexte dans lequel vit l'enfant et s'y adapter, mais nul en ce qui concerne le tarif horaire. Surtout que les jeunes sont disponibles seulement après leurs cours et donc à l'heure où les pendulaires encombrent la ville de leurs migrations incessantes. L'affaire de 10 min devient celle d'une demi-heure.

Et puis, je PREPARE MES COURS, et là l'affaire devient définitivement non rentable. Au début, pour faire pro, je préparais tout à l'ordi. Maintenant, presque rien et même si je tape vite, c'est quand même plus rapide. Contrairement à un prof qui peut, si le coeur lui en dit, se répéter année après année, dans le soutien scolaire, rien n'est réutilisable - presque jamais en tout cas.

 

Pour que le soutien scolaire devienne rentable, il faudrait faire des prix vraiment élevés. Dans l'enseignement, il est compté qu'une heure de cours implique une heure de préparation. Je suis en dessous de ça, aux alentours de la demi-heure (vu que j'ai pas tout à créer, je m'appuie sur ce qui est fait en classe, je me prends pas la tête avec la didactique). Le soutien scolaire, pour moi, c'est un petit à côté. Ce serait absolument impossible d'en vivre. Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, mais aussi parce que le soutien scolaire, par définition, est un travail à temps très partiel. Tous les élèves potentiels ont congé aux mêmes heures, donc atteindre un 50% est quasiment impossible. Et puis il faut compter sur les camps de ski, les vacances scolaires, les séances de physio etc, etc. L'écart se creuse entre les horaires théoriques et les horaires réels et c'est chaque fois pour votre poche.

 

Le soutien scolaire n'est donc en aucun cas un moyen pour sortir de la précarité ou un gisement d'emplois "réels" à explorer. Seulement une machine à créer des travailleurs pauvres.

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