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repetitriceRéflexions sur la pédagogie et le soutien scolaire. Pour une école citoyenne et solidaire.

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W. Sh.

Copinage

si peu de temps

Par repetitrice :: samedi 06 mai 2006 à 17:56 :: Général

Aujourd'hui, je suis allée chez la coiffeuse et j'y ai lu l'Illustré. Dans ce magazine, une enquête sur "la vie de famille en Suisse". Il paraît qu'ils ont enquêté sur 3'000 familles. Gros plans sur 3 familles - 3 famillles assez peu typiques à vrai dire. 2 (ou même les 3, je sais plus) sont propriétaires de leur logement (plus de 60 % de locataires en Suisse). Et puis, condensé sur 2 pages, le résultat de cette enquête sur 3'000 familles (autorité, argent de poche, etc. )....Et le travail scolaire. Il en ressort que les catégories sociales les moins favorisées contrôlent de près les leçons de leur enfant, plus que les autres mêmes, et que c'est la mère qui s'y colle tandis que chez les classes les plus aisées, c'est davantage les pères et de plus loin.

 

Je lisais ça chez la coiffeuse, ça et d'autres trucs (pimenter sa vie sexuelle, acheter des habits rayés - le must de la mode - recettes de truffes etc. ). D'où ce contre-rendu imprécis. Mais si cette enquête est un tant soit peu sérieuse et ses résultats véridiques, alors je me dis que ça fait sens. A partir de mon expérience propre en tout cas. Voici mon explication sociologique maison :
Issue de la classe moyenne, je n'avais aucune idée de la fatigue physique qu'implique le travail manuel. Absurde mais c'est comme ça. Chez moi, ma mère se couchait vers 22h, mon père plutôt 23h. Et puis je me suis mariée à quelqu'un qui travaille dans les chantiers. Et je passe pas mal de soirées télé toute seule, parce que mon mari dort. En 2003, pendant la canicule, ça a été la catastrophe : il s'endormait juste après les titres du téléjournal de 20h. Avec une météo plus clémente, il s'endort vers 22 h en début de semaine mais pas beaucoup plus tard que 20h30 le vendredi. Peu de temps pour la vie familiale donc. Dans ce contexte de labeur physique, il est illusoire de penser qu'un père va pouvoir "superviser les leçons" de la manière dont beaucoup de maîtresses (peu souvent mariées à des travailleurs manuels) continuent de rêver. C'est donc assez naturellement que dans le type de foyer comme le nôtre, c'est la mère qui s'y colle, histoire que le peu de vie de famille possible ne soit pas bousillé par les leçons du/des enfants. (NB : contrairement à la France, très peu de femmes occupent un emploi à temps plein en Suisse).

Dans la couche de revenus supérieurs, les pères sont plus disponibles, plus maîtres de leur temps. Et vérifient que leur enfant n'est pas en train de décrocher scolairement. Et leur femme ? Sûrement qu'elle aussi, elle s'y colle. Mais dans les classes sociales supérieurs, le niveau de formation des hommes est généralement plus élevé que celui de leurs conjointes. Donc quand il faut résoudre un problème de physique, une question en chimie etc., c'est lui qui s'y colle plutôt qu'elle. Question d'efficacité.

 

Les leçons à la maison, c'est du temps de vie familiale bouffée. Et la lourdeur de ce temps capté sur la vie familiale est inversément proportionnelle au revenu de la famille.

Dans ce contexte, faire ses leçons ailleurs qu'à la maison est une solution pour regagner du temps familial de qualité. Malheureusement, comme le coût de cette prestation n'est pas prise en charge par l'école elle-même, son prix est exhorbitant et quand il ne l'est pas, c'est la qualité de la prestation qui fait problème.

 

Les parents qui ont le moins de revenus ne se désintéressent absolument pas du travail scolaire de leurs enfants (l'enquête de l'Illustré en est une démonstration parmi d'autres). Mais ils ont plus de peine à aider leurs enfants à faire leurs devoirs et à s'assurer que ceux-ci ont été bien faits, simplement du fait que leur niveau de formation est un obstacle majeur (comment faire apprendre un vocabulaire allemand quand soi-même on ne l'a jamais appris ?). Donc non seulement le travail scolaire les renvoie à une situation d'impuissance, mais en plus elle bousille plus que chez d'autres la vie familiale, par les contraintes de temps qu'elle génère.

 

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