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repetitriceRéflexions sur la pédagogie et le soutien scolaire. Pour une école citoyenne et solidaire.

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W. Sh.

Copinage

persona

Par repetitrice :: jeudi 14 septembre 2006 à 0:30 :: Général

Être soi, immédiatement soi face à autrui, n'est pas un grand signe de santé mentale (dans les moments d'intense souffrance psychique, on n'a plus la force, l'énergie, la capacité de "garder la face", on est  "Brut de décoffrage" et je vous garantis que c'est douloureux) , ni un but à rechercher, sauf dans l'amour physique. Et même là, on est rapidement ailleurs, "au 7ème ciel", une expression faute de mots.

 

D'où le concept (psychanalytique) de "PERSONA" :

"Dans sa psychologie analytique, Carl Gustav Jung a repris ce mot pour désigner la part de la personnalité qui organise le rapport de l'individu à la société, la façon dont chacun doit plus ou moins se couler dans un personnage socialement prédéfini afin de tenir son rôle social." (citation tirée de la définition de persona sur wikipedia).



 

Par conséquent vous êtes en relation avec la PERSONA de la personne en face de vous, pas avec son SOI, c'est-à-dire que vous êtes face à la part de sa personnalité qui organise le rapport de cet individu à la société, à la part de sa personne qui gère son rôle social. Vous n'êtes pas face à la personne "VRAIE de VRAIE", si tant est que cela existe. Bref, dans toute interaction sociale, on est face à quelqu'un qui développe une STRATEGIE IDENTITAIRE.


C'est même vrai (et normal) chez de très jeunes enfants. Je me souviens d'une petite fille, chez une copine. Elle l'appelait habituellement "tantine J.", mais pour demander un biscuit, elle a tout d'un coup dit : "maman J, je peux avoir un biscuit ?" : un changement stratégique d'identité !


 

Pour une raison que j'ignore , il semble que les journalistes aient très peu recours à cette notion. C'était très frappant dans un récent reportage de Temps présent consacré, à la pornographie et aux adolescents.
Y étaient interrogés des ados (mâles en majorité) et tous de dire que "oui", ils avaient vu des images zoophiles et autres, que "ça les faisait marrer", qu'ils "s'en foutaient", qu'ils avaient vu des images de "tournantes", bien sûr, "dans des caves", etc. A vrai dire, je vois mal un de ses ados dire qu'il n'est "pas au courant", que son accès à la pornographie "se limite" à des cassettes x et des images x sur téléphone, que des copines de classe nues, c'est dans ses rêves mais pas dans sa réalité ni celle de ses potes. On ne saura donc pas si c'est vrai ou non, tout ça. Mais j'aurais bien voulu des questions plus ouvertes, avec la "bonne" réponse moins facile à trouver. Et puis, peut-être aussi un petit rappel du livre de Laurent Mucchielli
"Le scandale des tournantes. Dérive médiatique, contre-enquête sociologique", paru en 2005 et qui, enquête sérieuse à l'appui, démontre que les viols collectifs sont fort rares dans les banlieues françaises....ce qui laisse à penser qu'ils sont sans doute tout aussi rares dans la "banlieue" genevoise.


Les journalistes semblent parfois aveugles aux stratégies identitaires des personnes qu'ils interrogent. Et ce d'autant plus que cette personne appartient à une catégorie sociale défavorisée. Quand Sarko ou Blocher ouvrent la bouche, on se doute bien qu'ils mettent en jeu une "persona", qu'ils suivent une stratégie identitaire, qu'ils cherchent à "passer pour" quelqu'un de sérieux/autoritaire/un homme à poigne/un homme proche des préoccupations des petits etc. etc. Quand c'est un jeune qui parle, un chômeur, souvent cette personne est traitée comme si elle n'avait pas de "face" à " garder/sauver" et que tout ce qu'elle disait suffisait à la résumer/définir entièrement.


Quel est le rapport avec le soutien scolaire ? J'y viens, j'y viens. Le rapport, c'est que dans le contexte scolaire, il me semble que c'est à tort que l'on prend ce que disent les élèves pour "le fond de leur pensée", le "miroir de leur âme", etc. On a pas un rapport direct aux jeunes. On a affaire à leur PERSONA. Ce qu'ils disent d'eux est le fruit d'une stratégie identitaire. Il s'agit d'en tenir compte.





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