Calendrier

« Novembre 2017
LunMarMerJeuVenSamDim
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930 

repetitrice

repetitriceRéflexions sur la pédagogie et le soutien scolaire. Pour une école citoyenne et solidaire.

Blog

Catégories

Fils RSS

Contact

Derniers billets

Compteurs

Actualités pédagogiques

Blogs pédagogiques

Ressources pour le soutien scolaire

Outils pour blog/informatique

Citoyenneté

All the world's a stage,
And all the men and women merely players,
They haver their exits and their entrances;
And one man in his time plays many parts.

W. Sh.

Copinage

Les maths, pour quoi ?

Par repetitrice :: vendredi 29 septembre 2006 à 22:00 :: about me
On peinait sur des exercices de math aussi répétitifs que vides de sens.
On peinait, on s'ennuyait et puis des fois on posait la question au prof : " à quoi ça sert, de savoir ça ? "
Si lui ou elle prenait la peine de répondre, ça donnait des réponses du style : "avec ça, vous pourrez ensuite aborder telle ou telle notion en math/chimie/physique" ou "vous avez besoin de ce niveau pour aller à l'EPFL ou faire médecine" ou en plus cours "pour avoir votre bac".

C'était pas vraiment une consolation parce que j'avais aucune envie de faire de la chimie, de la physique ou des maths à l'Unil, ni d'entrer à l'EPFL ni de faire des études de médecine. A l'époque, je voulais devenir prof d'anglais, (et à l'époque je me connaissais vraiment très mal parce que si il y a bien une chose qui m'insupporte, c'est entendre des gens baragouiner de l'anglais. ) Mais le bach, on était bien obligé de l'avoir pour faire ce qu'on voulait faire et du coup on a continué à prendre des cours d'appui de math, à faire des exercices hyper rébarbatifs, à pester contre l'absurdité du monde qui voulait qu'il faille connaître les cosinus, les courbes tendant vers l'infini etc. pour devenir prof d'anglais.

A l'époque, on disait aussi volontiers "je suis nulle, mais alors nulle en math." C'était pas vrai, on était pas nulles. Peut-être un peu moins bonnes que les garçons de notre classe  (quoique ?), mais "nulles" non. La preuve, c'est qu'on l'a eu, notre bach, et avec ce fameux niveau suffisant pour entreprendre des études en sciences ou ..en math. La vrai "nullité" en math, les personnes qui ont un mal de chien à comprendre ce qu'est une proportion, une puissance etc, c'est une autre paire de manche, vraiment.
 
Restent les stéréotypes sexistes : les femmes, c'est bien connu, sont nulles en math. Etre soit-disant nulle en math, c'est être une femme, une vraie. On se déclarait nulle pour se déclarer femme (Sombre destin !). Parce qu'on avait 13, 14, 15 ans, l'âge du conformisme maximum et que si on se voulait féministe, on en était encore loin. Plus tard, cette "nullité" continua d'handicaper certaines tandis que d'autres réussirent brillament des études de médecine ou de biologie. D'autres - dont moi - choisirent une autre voie tout en reconnaissant cette auto-dépréciation pour ce qu'elle était : une auto-dépréciation et en s'attribuant des capacités mathématiques redevenues "moyennes". Nous ne sommes pas les seules à avoir suivi ce parcours.  La sous-représentation chronique des femmes dans le monde scientifique inquiète l'Union Européenne et rien n'indique que la situation soit en train d'évoluer favorablement.
Loading Clusty Cloud ...
 
Que ce serait-il passé si un(e) enseignant(e) - parce que nous avons aussi eu des enseignantes en math, mais ça n'a rien changé à la situation décrite plus haut - avait attaqué le sujet de front ? Mis à jour le poids des stéréotypes, leur conséquence possible sur notre avenir professionnel ? Mis à jour l'auto-censure, l'auto-limitation ?
 
On aurait été très surpris, certes, mais l'aurait-on  renvoyé(e) dans les cordes ? Y aurait-il eu plus de mes camarades choisissant une profession de science "dure" (chimie, physique, math ?), plus qui auraient choisi une profession technique, bien plus rémunératrice que ces emplois d'infirmière, etc. auxquelles elles aspiraient ?
Est-ce que moi, j'aurais fait les mêmes études ? Peut-être que j'aurais fait des études d'informatique à la place. Peut-être bien. Un temps - un temps bien après mes études, un temps où j'ai découvert par hasard que 1) j'aimais ça et que 2) j'avais de bonnes capacités ds le domaine - un temps j'ai regretté de ne pas être informaticienne. 
 
A l'adolescence, à l'âge où déjà, on est amené à faire des choix importants pour sa vie future, mais où aussi, on est si sensible aux stéréotypes, je suis d'avis qu'il ne sert à rien d'encourager les filles à être bonnes en math avec des arguments comme "tous les métiers sont ouverts à tous" parce ça, on nous le disait aussi, seulement on avait aucune envie de l'expérimenter, 0 envie d'être une des rares femmes dans un métier "d'hommes".
 
Peut-être auriont-nous été plus motivées si on nous avait expliqué que les maths sont très importantes dans les domaines qui nous intéressaient.
Nous dire par exemple, que des compétences poussées en math sont très utiles pour :
  • la GESTION / ELABORATION DE BUDGETS, une activité elle-même primordiale dans toute institution à caractère social, politique, associatif ou en rapport à l'enfance (demande/obtention de subventionnement, gestions des frais etc. )
  • PRENDRE DES DECISIONS en ce qui concerne SON PROPRE ARGENT : si on sait calculer un taux d'intérêt, on est moins dépendants de "conseillers" pour savoir s'il est judicieux ou non de prendre telle ou telle assurance, conclure un crédit, acheter son logement etc.
  • Loisirs créatifs : repeindre un meuble, faire un carrelage, créer ses propres modèles de vêtements
  • PRENDRE PART AU DEBAT CITOYEN : pour comprendre de quoi retourne la politique, il faut être au minimum au courant de ce qui se cache derrière des termes comme TVA, PIB, IDH, taux de CO2 ; on s'en sort mieux si on comprend des termes comme variance expliquée, modèlisation mathématique, etc.
  • COMPRENDRE LES SCIENCES SOCIALES ET LA PSYCHOLOGIE qui font un recours massif à la recherche par questionnaire et à leur traitement statistiques, qui font également constamment appel à des notions de discrimination, valeur médiane, etc.
  • Loisirs créatifs et DESIGN DE VETEMENTS: repeindre un meuble, faire un carrelage, créer ses propres modèles de vêtements : pour décider de combien de matériel acheter et comment procéder , avoir une idée du prix de revient de la marchandise.

Qu'en pensez-vous ?

 

 

Trackbacks

Pour faire un trackback sur ce billet : http://soutienscolaire.zeblog.com/trackback.php?e_id=80012

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment.

Ajouter un commentaire

Nom ou pseudo :


Email (facultatif) :


Site Web (facultatif) :


Commentaire :